Féminisme 101, Une Chambre à nous

L’asexualité

[TW viol et agression au cours de l’article]

 

L’asexualité, on en parle beaucoup ces derniers temps, mais qu’est-ce que c’est ? Ayant plusieurs personnes ace (asexuelles) dans l’association, nous avons décidé de rassembler leur vécu et leur perception pour tenter de donner une vision d’ensemble de cette (non) sexualité.

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Note : les parties témoignages mises en avant n’ont pas vocation à représenter l’ensemble de la communauté ace mais de mettre en avant le ressenti des personnes ayant témoigné. Les prénoms ont été anonymisés à la demande des concerné·e·s.

 

Les bases : Qu’est-ce que l’asexualité?

 

Comment définir l’asexualité ?

L’asexualité se définit par le fait de ne pas ressentir d’attirance sexuelle envers autrui, indépendamment de son genre. Derrière cette définition qui paraît simple, on retrouve beaucoup de choses. Tout d’abord, il faut savoir que l’asexualité est un spectre et que l’on n’est pas forcément rigoureusement asexuel·le ou zedsexuel·le (c’est-à-dire une personne qui ressent de l’attirance sexuelle). Sur ce spectre, on peut retrouver des identités telles que la graysexualité qui désigne le fait de ressentir une attirance sexuelle très faible ou à intensité variable, ou encore la demisexualité qui est le fait de devoir créer un lien affectif fort (pas nécessairement romantique) avec une personne avant de ressentir une attirance sexuelle pour cette personne (ce n’est bien sûr pas systématique, une personne demisexuelle n’aura pas automatiquement envie d’avoir des rapports sexuels avec toutes les personnes dont elle est proche).

D’autre part, l’asexualité ne s’exprime pas de la même manière chez toutes les personnes asexuelles, notamment lorsqu’il s’agit du rapport au sexe. Si beaucoup de personnes asexuelles n’ont pas d’intérêt à avoir des rapports sexuels, ce n’est pas toujours le cas. Traditionnellement, on divise l’asexualité en trois « catégories » : 

  • Sex favorable : malgré une absence d’attirance, une personne ace et sex favorable éprouve tout de même du plaisir à avoir des relations sexuelles et désire en avoir 
  • Sex indifferent : la personne n’éprouve pas un désir particulier d’avoir un rapport sexuel mais peut quand même choisir d’en avoir pour plein de raisons diverses 
  • Sex repulsed : la personne éprouve une aversion voire du dégoût pour le sexe et ne désire pas avoir de rapports.

Bien évidemment, ces trois catégories sont des termes dits « parapluie » et toute personne s’identifiant comme asexuelle ne tombe pas forcément pile dans l’une de ces trois cases.

 

Rappelons par ailleurs que peu importe comment s’identifie une personne asexuelle, émettre des suppositions et poser des questions intrusives sur sa vie sexuelle est inapproprié, comme pour chaque personne d’ailleurs.

 

Point vocabulaire nécessaire pour comprendre l’article

Les catégories classiques de l’asexualité sont les suivantes :

  • Asexuel·le (ou ace) : pas d’attirance sexuelle
  • Zedsexuel·le (ou zed) : le contraire (on peut aussi utiliser le terme allosexuel·le mais celui-ci​ est de moins en moins utilisé par les asexuel·le·s)
  • Demisexuel·le : l’attirance sexuelle n’est possible que si un lien affectif est créé avec une autre personne
  • Graysexuel·le : l’attirance est très légère ou d’intensité variable

D’autres mots ont été inventés par des concerné·e·s pour définir des cas précis d’asexualité, même si ces termes sont controversés dans la communauté :

  • Fraysexuel·le: l’attirance sexuelle est très forte au début d’une relation mais disparaît avec le temps (contraire de demisexuel·le)
  • Abrosexuel·le: l’attirance sexuelle est fluide et peut changer brutalement
  • Acosexuel·le: une personne dont les mauvaises expériences l’ont éloignée de la zedsexualité
  • Caedsexuel·le : Une personne qui avait de l’attirance sexuelle mais qui souffre d’un traumatisme læ rendant asexuel·le (ponctuellement ou pour toujours)

Pour découvrir plus de termes pour détailler les nuances d’asexualité, rendez-vous ici.

 

 

Des asexualitéS 

 

Différentes attirances

L’asexualité est différente de l’abstinence, choix de ne pas avoir de rapport sexuel malgré une capacité à ressentir du désir et de l’attirance. On a longtemps appelé des personnes supposément asexuel·les des personnes  « frigides », c’est-à-dire incapables de ressentir du plaisir sexuel.

Pour comprendre la diversité de l’asexualité, il faut comprendre que différentes attirances existent. On découpe habituellement les attirances en quatre parties :

  • Attirance sexuelle : envie d’être intime physiquement et sexuellement avec quelqu’un
  • Attirance sensuelle : envie d’être intime avec quelqu’un sans sexe
  • Attirance romantique : envie d’être intime émotionnellement avec quelqu’un
  • Attirance esthétique : attirance purement physique sans désir sexuel

Se situer n’est pas toujours évident, comme nous le dit Michel :

« Ça a été une source de confusion à plusieurs reprises, j’ai notamment remis mon orientation romantique en question plusieurs fois parce que je n’éprouvais pas d’attirance sexuelle pour les personnes avec qui je relationnais, avant d’apprendre qu’orientation romantique et orientation sexuelle sont deux choses différentes. Je me définis comme assexuel parce que je ne ressens pas ou très peu d’attirance pour les gens, l’attirance physique que je ressens pour elleux n’est jamais de nature sexuelle, et je n’ai jamais eu de désir sexuel d’aucune nature. »

Ainsi, certain·e·s asexuel·le·s peuvent tout à fait se dire biromantique, homoromantique ou hétéroromantique. Iels peuvent tout à fait être dans une relation, aimer sincèrement leur partenaire sans aucune attirance sexuelle à son égard, en ayant juste envie de l’embrasser, de lui faire des câlins, ou même d’être nu·e dans un lit en sa compagnie. Pour les greysexuel·le·s et demisexuel·le·s, il est donc tout à fait possible d’avoir un rapport détendu au sexe avec son/sa partenaire, comme le décrit Clarisse :

« Il y avait des périodes de plusieurs mois où je n’avais pas de vie sexuelle, et ça ne me manquait pas, ça ne me passait même pas par la tête. (…) Il y a des périodes pendant lesquelles j’ai envie, et surtout des périodes pendant lesquelles je n’ai juste pas envie ; il y a des personnes avec qui j’ai envie, mais en dehors de ma relation de couple je n’ai pas de désir sexuel. Maintenant j’ai une vie sexuelle épanouie, aidée par un partenaire avec lequel on a une relation d’amour et de respect mutuel, où la communication est importante, avec lequel je n’ai pas peur et je n’hésite pas à dire quand/si j’ai envie ou non. »

Au contraire, certain·e·s asexuel·le·s sont également aromantiques, c’est-à-dire qu’iels ne ressentent pas d’attirance romantique pour les gens et ne cherchent pas nécessairement à être en couple.

Sex indifferent, sex repulsed, ou sex favorable ?

Brigitte ne sait pas vraiment comment se qualifier :

« Je crois que j’étais plus motivée par l’idée d’un futur où le sexe serait agréable (parce que la hype devait bien venir de quelque part ?), que par une véritable envie de coucher. Plus je persistais à tester le sexe, plus je perdais en libido : c’était au mieux passable, au pire sacrément douloureux. Et au bout d’un moment, j’ai dû me rendre à l’évidence : le sexe ce n’est pas particulièrement agréable, plutôt longuet, et ne vaut pas une soirée passée devant Netflix à manger une pizza. Actuellement j’ai une libido quasi-nulle et souvent difficile à identifier, et dois faire du sexe au maximum une fois par mois, quand je n’en ai pas la flemme parce qu’il est trop tard, je suis trop fatiguée, je suis en pleine digestion, il y a ça à faire à la place, et de toute façon est-ce que ça vaut vraiment la peine d’essayer vu que je vais en perdre l’envie au bout de deux minutes ? »

 Quant à Michel :

« Je me définis comme asexuel, quelque part entre sex indifferent et sex repulsed , parce que je ne ressens pas ou très peu d’attirance pour les gens, et l’attirance physique que je ressens pour elleux n’est jamais de nature sexuelle ».

 

 

L’asexualité peut-elle être le résultat d’un traumatisme ?

 

[TW viol, agression sexuelle sur tous les témoignages]

 

Il n’y a pas à chercher de justification à l’asexualité, à la considérer comme temporaire ou comme un état à arranger. Pourtant, il arrive que l’on devienne asexuel·le au cours de sa vie, suite à de mauvaises expériences.

Brigitte a par exemple souffert de mauvaises expériences avec des anciens partenaires avant de se définir ace :

« J’ai commencé ma sexualité très tard, mais très motivée à enfin FAIRE DES CHOSES PARCE QUE LES HORMONES. Malheureusement, je n’avais pas le bon partenaire, qui versait dans le slut-shaming et ne s’intéressait qu’à la pénétration avec des préliminaires douteux voire inexistants. De curieuse et motivée, j’en suis donc rapidement arrivée à redouter le sexe, les pénétrations étant d’office (très) douloureuses. Je ne connaissais pas trop les bases du consentement, je rentrais à peine dans le féminisme (en lisant Madmoizelle), et les concepts que je découvrais étaient donc bien loin d’être suffisamment maîtrisés pour être reconnus et applicables dans ma vie de tous les jours. Mon copain de l’époque, comme pas mal de mecs cis, ne connaissait pas le platonique. N’importe quel bisou, n’importe quel câlin, était l’occasion de tenter quelque chose. Contrairement à certain·e·s, j’ai eu la “chance” d’être écoutée quand je disais non, mais au vu de nos relations sexuelles désastreuses, j’ai fini par ne plus jamais dire oui, et devoir refuser si souvent et sentir l’envie de sexe qui transparaissait derrière le moindre contact m’a beaucoup usée. Nos derniers mois de relation, j’étais assez dégoûtée par les contacts physiques (surtout de sa part), et un peu désillusionnée vis-à-vis du sexe. Ma libido en avait pris un coup, mais était encore présente, suffisamment pour que j’aie envie de retenter l’expérience un peu plus tard. Dans mes relations d’après, j’ai donc réessayé de coucher, toujours avec des hommes cis. Le fait que mes partenaires aient été des hommes a également joué : même pour ceux qui se présentaient comme des alliés, ils ne se sont pas inquiété de mon consentement, voire l’ont outrepassé, et le fait qu’ils ne se posent pas la question m’a permis de ne pas me la poser non plus. »

Clarisse a quant à elle connu un environnement malsain qui l’a amené à questionner son asexualité :

« Mon rapport à la sexualité a pas mal changé depuis le début de ma vie sexuelle. J’évoluais dans un milieu dans lequel il y a pas mal de soirées, de beuveries, et de coucheries. On était implicitement (ou pas…) poussé·e·s à coucher. Le sexe me permettait de me sentir plus intégrée socialement, de m’y sentir plus à l’aise car plus en accord avec ces groupes. Je couchais comme pour passer le temps, et parce que c’était en quelque sorte ce qu’il fallait faire, alors que j’en avais très rarement envie. Avec du recul, je me rends compte de la violence de cette situation, de ce milieu : le harcèlement, les attouchements, les agressions, se forcer soi-même à coucher pour se sentir accepté·e, et, en plein rapport au départ consenti, être pris·e de force à faire quelque chose sans pouvoir réagir, ni en parler après. Je pensais sincèrement être bien dans ma sexualité et que ça m’aidait à me sentir mieux dans mon corps, mais en réalité ces expériences ont fait le contraire. C’était en plus à double tranchant : il fallait coucher, mais les femmes (et assigné·e·s femmes) étaient des salopes et on leur faisait mauvaise réputation. »

Alex se dit greyace mais s’identifie aussi comme caedsexuel. Voici son récit :

« J’ai commencé ma vie sexuelle assez tôt, dans le cadre d’une relation sérieuse monogame avec un homme cis, et ça se passait très bien. Avec du recul, je me dis que je n’avais pas vraiment de conscience féministe du consentement, mais en étant adolescent et élevé par Madmoizelle, c’est compliqué de voir ce qui est normal ou pas en matière de sexe. Quand je me suis retrouvé célibataire, la première personne avec qui j’ai couché m’a violé. Malgré le fait que j’aie passé la nuit à pleurer à côté de lui, j’ai mis longtemps à comprendre ce qui m’était arrivé, ce qui explique que le trauma n’ait pas été direct. Après avoir délaissé les sites de rencontre de peur de coucher avec des personnes inconnues, j’ai recommencé Tinder après neuf mois d’abstinence où le sexe ne m’avait que vaguement manqué. Je suis tombé dans une période d’hypersexualité autodestructrice. J’étais dans une période de santé mentale désastreuse, et le sexe était un exutoire à toutes mes envies de violences. Je me suis lancé à corps perdu dans le BDSM, sans forcément en respecter les bases de consentement et d’aftercare. Je pensais que ça me redonnait un contrôle sur mon corps et ma confiance en moi, d’enchaîner les coups d’un soir, je me sentais puissant. Jusqu’à ce que ça échappe complètement à mon contrôle, un soir où un homme cis de Tinder m’a violé, à nouveau. C’est la première fois que j’avais conscience d’être violé sur le moment ; mon abuseur était extrêmement violent, nerveux, tout s’est passé très vite et j’étais tétanisé – j’en suis sorti détruit et je n’en ai parlé à personne. Le trauma est arrivé plus d’un an après ce dernier viol, lorsque j’ai décidé de devenir travailleur du sexe. Un client dangereux m’a agressé sexuellement lors d’un premier rendez-vous sans me payer. Je crois que cet épisode a été la goutte d’eau, puisque le sexe me dégoûte depuis. Ça fait un an et demi que toute relation sexuelle me terrifie, que je ne vois plus l’intérêt de faire du sexe, que j’en viens à mépriser les zedexuel·le·s. Les rares fois où j’ai envie de faire du sexe sont des échecs car une fois sur deux, je fais une crise d’angoisse pendant l’acte. Je ne supporte même plus la pénétration, y compris au sein de la masturbation, car cela me donne des flashbacks assez violents. J’ai beaucoup de mal à ne pas me sentir menacé, y compris par mes partenaires. » 

 

 

De la difficulté à être ace dans une société sexpositive

 

Être asexuel·le dans la société actuelle peut s’avérer extrêmement difficile à cause de l’injonction au sexe permanente. Vous avez sans doute remarqué qu’il est difficile d’échapper aux représentations de la sexualité que ce soit dans les films, dans les pubs, dans les magazines féminins. Tout nous mène à penser que le sexe est la meilleure chose au monde et qu’on ne s’épanouit pas sans. Cette injonction n’est pas forcément moins présente dans les milieux féministes. En effet, le féminisme occidental hérité de mai 68 et des années 70 tend à combattre les tabous autour de la sexualité des femmes. De nombreux mouvements féministes considèrent que la libération des femmes passe, entre autres, par une libération sexuelle. Cet héritage se retrouve aujourd’hui dans le mouvement que l’on appelle « sex positive ». Ce mouvement est essentiel à la cause féministe, puisqu’il défend les valeurs du sexe consenti, lève le tabou autour de la masturbation féminine, forme sur les organes génitaux et leur fonctionnement, déconstruit le mythe de la virginité, décloisonne les carcans de la monogamie, défend les travailleureuses du sexe et les rapports patriarcaux dans les relations hétéros, etc.

Pourtant, ce qui est une lutte nécessaire peut sembler à certain·e·s être une injonction à avoir le meilleur sexe possible et à être libéré·e sexuellement, comme s’il s’agissait de l’un des seuls moyens pour être « un·e bon·ne féministe ». A cause de cette sexpositivité très présente, certain·e·s asexuel·le·s peuvent avoir du mal à se sentir bien dans leur peau et leur sexualité.  

Michel a beau bien vivre son asexualité, iel nous fait part de son ressenti :

« Réaliser que j’étais ace n’a vraiment pas été une grande révélation qui a changé ma vie, le moment où je l’ai compris je me suis simplement dit “ah bah oui je suis bête” et c’est à peu près tout. Le seul gros changement à mon avis est que ça m’a enlevé une certaine pression (même si je ne la ressentais déjà plus beaucoup à ce moment-là) due à l’injonction au sexe et au fait que absolument tout est zed-centré. Au delà de ça, je suis très à l’aise avec mon asexualité et cela ne m’arrive jamais d’envier les personnes zed. Pour faire une métaphore un peu nulle, je n’aime pas les fruits de mer alors qu’énormément de monde adore ça mais pour autant je ne me dis jamais “si seulement j’aimais les fruits de mer comme tout le monde” car il y a plein d’autres choses à manger donc ça ne me manque en rien. Être ace est un aspect de moi qui contribue à faire de moi ce que je suis mais puisque je ne le considère pas comme négatif, je n’ai pas envie de le changer. S’il y avait une chose à changer pour moi, ça serait plutôt le manque incroyable de visibilité et de représentation qu’ont les personnes ace, qui en amène beaucoup à se sentir anormal·e ou exclu·e. »

Brigitte a quant à elle peur que son asexualité soit un frein à sa vie sentimentale :

«  Le fait de me sentir anormale et de ne pas pouvoir expérimenter quelque chose qui est pourtant normal et facile pour beaucoup me rend extrêmement triste. J’ai aussi très peur que ça finisse par se ressentir sur mon couple, malgré ma copine qui fait tout pour m’assurer du contraire. J’espère que ça finira par changer un jour mais en ce moment je n’y crois pas trop, et c’est déprimant. »

Alex a l’impression qu’être ace l’exclut du « marché » de la séduction :

« Ma “popularité” en terme de séduction a drastiquement baissé, puisque personne ne veut sortir avec un·e asexuel·le, et qu’il n’est pas “rentable” de fréquenter quelqu’un qui aura un rapport compliqué au sexe. Même si j’ai des périodes plus ou moins longues où j’ai envie, mon stress post-traumatique me bloque, car je pars du principe qu’on va me faire du mal. Plus le temps avance, plus il devient difficile de ne serait-ce qu’évoquer le sexe, le BDSM ou même de regarder des nudes sans que je me sente mal à l’aise. J’ai du mal à me sentir légitime dans la communauté ace, et j’ai toujours l’impression de devoir m’excuser auprès des zedsexuel·le·s de ne pas être “normal”. Le fait d’être grey est encore plus difficile à expliquer, car il m’arrive de pouvoir faire du sexe avec certaines personnes sur un moment précis alors que cela m’est impossible avec d’autres ou des partenaires que je connais depuis plus longtemps. Même si la thérapie me permet de bosser sur mon trauma et d’avoir une vie sexuelle de moins en moins paralysante, il m’est difficile d’être en phase avec les zedsexuel·le·s. Il m’arrive parfois de détester des partenaires qui ont une vie sexuelle parce que je me dis que j’ai moins de valeur à leur yeux que leurs partenaires avec qui iels font du sexe. C’est compliqué de me sentir à ma place. »

En dehors de cette opposition avec les zedsexuel·le·s (personnes pouvant ressentir du désir et de l’attirance sexuelle pour quelqu’un, pour rappel) et d’un sentiment de marginalisation par rapport à une société centrée sur le sexe, les personnes asexuelles peuvent aussi se sentir illégitimes au sein de leur propre communauté, avec une pression de ne pas être « parfaitement ace », comme en témoigne Brigitte :

«  Aujourd’hui, Je ne sais pas trop où me positionner sur le spectre ace. J’ai passé beaucoup de temps à alterner entre “serais-je ace ??” et “non je vais encore essayer, j’ai sans doute pas assez baisé c’est tout”, et encore aujourd’hui j’ai un peu de mal à me définir ainsi, parce que ça veut dire faire une croix sur un futur avec une libido et du cul agréable, ce que j’ai désiré pendant très longtemps (et désire encore aujourd’hui). »

 

 

Ainsi, l’asexualité recouvre un spectre large et subtil de ressentis et de vécus concernant la sexualité. Elle peut être pour certaines personnes concernées difficile à vivre dans notre société où le sexe est un facteur majeur d’épanouissement et d’insertion sociale. En somme, il serait plus épanouissant pour tout le monde de respecter sa sexualité (ou non) et la sexualité (ou non) d’autrui, quelles qu’elles soit, les attirances sexuelles étant singulières pour chacun·e.

Pour en savoir plus

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